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Le perfectionniste feignant

Chapitre VI : Périple dans le High Country

21 Octobre 2012, 21:02pm

Publié par Johnny Super-Trempe

 

 

 

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(Dû à un problème de batterie de nos appareils photos, qu'on ne peut recharger dans le van, les photos sont prises avec un téléphone portable, donc la qualité n'est pas forcément au rendez-vous.)

 

C’est le retour à Melbourne afin d'attaquer la montagne. Les nuits risquent d’être encore plus froide alors autant ne pas trop s’attarder. On re-traverse Geelong "la maudite" puis Melbourne. Il faut conduire en évitant les « e-toll » : pour ce que j’ai compris, c’est un péage que l’on paye plus tard par téléphone, pas de machine où mettre de l’argent. Un système, vu sous cet angle, à la con. Une fois dépêtré de cette jungle urbaine, on va traverser une autre jungle, celle remplie d’arbres, beaucoup plus agréable. On passe par des zones touchées par les gros incendies de 2009 et les stigmates sont encore très présents : arbres noircis à hauteur d’homme, panneaux d’indications de risque à incendie, entres autres. On arrive enfin à Eildon, petit patelin de 900 âmes. Une fois entré dans le village, on voit deux filles marchant sur le trottoir ; c’est un fait, y’a de la chatte à Eildon. Voyant le froid nous cueillir facilement cette nuit, on décide d’essayer un des trois motels de la ville. Le premier est à 95$ la nuit, mais nous informe qu’il y en a un moins cher, à 200 mètres. Le deuxième est à 95$ aussi mais nous informe qu’il y en a un troisième motel, plus bas et moins cher. Le troisième étant aussi à 95$, on les envoie tous se faire foutre intérieurement et partons en quête de notre parcelle de terre éphémère, proche d’un robinet, si possible, et isolée. Ce sera près du lac, petite fierté locale, qui semble le meilleur endroit à notre 2012-05-28-13.43.21.jpgnuitée : calme, loin de la route et des gens, robinet et terrain plutôt plat. Tous les critères pour s’approprier, l’espace d’une nuit, ce territoire. 

Aujourd’hui sera jour de pêche ou ne sera pas, d’après Thomas. C’est alors que nous allons gaiement nous approprier le matériel manquant : cannes (pour enfant de 10ans), bouchons et plombs.

Le lac auquel on s’apprête à pêcher n’a pas l’air d’être le bon endroit : situé en dessous d’un barrage, cela réduit la possibilité de poissons, et de beaucoup, j'ai l'impression. Mais qu’à cela ne tienne, on tente le coup. Thomas prépare sa canne, m’explique comment préparer la mienne et c’est parti. Cela doit faire pas loin d’une dizaine d’années que je n’ai pas touché une canne et visiblement la pêche, ce n’est pas comme le vélo. Je m’entraine d’abord à lancer, sans ver. Un souci technique au niveau du moulinet apparait : des nœuds commencent à se former. Alors que j’essaye d’arranger ça, les choses s’aggravent. Bref, je suis une merde. Si le championnat du monde du démêlage de nœud existait, celui que je viens de faire serait celui pour la finale. Une heure de grande patience plus tard, il me reste encore la moitié des nœuds à enlever, je craque et casse la ligne pour la refaire. Thomas n’attrape même pas un caillou, cet endroit s’avère donc être un mauvais spot de pêche. Une touche apparût en fin de session pêche du matin mais ne donna rien. Pour ma part, je n’ai toujours pas commencé à pêcher mais j’ai une ligne toute neuve.

On décide donc de partir d’Eildon afin de trouver un meilleur endroit. On roule quelques dizaines de kilomètres puis arrive dans un village dont je ne me souviens plus le nom : c'est un village plutôt mort, sûrement rempli de résidences secondaires. On s’arrête pour manger, pas loin du lac en contre-bas qui, d’après Thomas, pourrait héberger quelques poissons.

2012-05-28-15.17.32.jpgOn s’installe donc près du lac, après manger. Endroit très tranquille, faisant face à une colline, mais dont l’eau est quelque peu rempli d'arbres qui pourrait s’avérer gênant par la suite. Thomas choisi son endroit, je choisi le mien. Ça y est, je vais pouvoir commencer à pêcher. Je me souviens que, quand j’étais plus petit, je ne mangeais que les poissons que je péchais, c’est pour dire si je ne mangeais pas souvent. Cinq minutes après mon premier lancer, j’accroche une branche et je sens déjà venir la fin de ma session. Une fois que Thomas me l’ai enlevé, je peux enfin reprendre ma partie de pêche qui risque évidemment de finir sans touche, mais c’est l’intention qui compte.

Alors que je commençais à m’endormir en regardant mon bouchon se baigner et bouger seulement au gré des vagues, c’est à ce moment qu’il décida de plonger à pique et de me surprendre complètement. Un poisson est passé par là et apparemment, ce n’est pas une petite daurade d’étang de Barcarès celui-ci ! J’ai évidemment perdu tous mes réflexes de pêche, je ne m’attendais pas à devoir me battre contre une bestiole aquatique aujourd’hui, même si je faisais tout pour. Thomas, me voyant tirer sur ma canne autant que je suis con, crois que j’ai encore accroché puis comprend trop tard que c’était un vrai poisson. Tirant comme un sourd, le frein de la canne étant bloqué car je ne me souvenais plus de la méthode de pêche, ma ligne casse. 2012-05-28-15.18.09.jpgMa partie de pêche aura durée en tout environ quinze minutes, mais c’était sympathique. Man versus wild : 0-1 

Thomas décide que ce poisson ne s’en tirerai pas comme ça et prend donc ma place, au cas où lui ou un de ses potes reviennent. Dix minutes après, ça ne manqua pas : le bouchon part en apnée, de manière moins brusque que la fois précédente mais ça reste une touche. Un combat de cinq petites minutes s’engagea pour au final, une belle petite carpe d’une trentaine de centimètres. On ne pensait pas relever un poisson de cette taille, qui reste modeste, avec nos cannes à 15$ (12€). Quelques photos, on retire l’hameçon de la lèvre de la carpe puis on la relâche. On est des gens bien, et puis il parait que la carpe, c’est dégueulasse. Man versus Wild : 1-1 

 

2012-05-28 16.02.56Un couple de retraités australiens passe par là et nous disent bonjour. On discute un peu, nous interrogent sur notre périple puis repartent. De gentils gens.

On repart une heure plus tard, il est 16h30 et la nuit commence à tomber. Il faut qu’on arrive le plus proche possible du Mont Buller, première station de ski près de Melbourne, afin de voir ce que ça donne en Australie. On approche d’un endroit qui a l’air bien pour établir notre camp quand, avec les phares, on éclaire deux kangourous un peu plus haut sur la route, apparemment privée, qui nous regarde, puis s’en vont en bondissant. Des petits instants sauvages qui méritent à eux seuls le voyage depuis la France. En se rapprochant des montagnes, on est conscient que la nuit que l’on va passer ne va pas être la plus chaude de toute. On passe alors en alerte grand froid maximal : minimum deux paires de chaussettes, deux jogging, trois voire quatre couches de tee-shirt et pull, ceci est un minimum.

2012-05-29-09.27.16.jpgLa nuit fut froide mais nous nous étions bien préparés. Une fois le van mis en aménagement de jour, on remarque à notre surprise que notre pain est grignoté. Avant de savoir si on l’a acheté comme ça, inspections du van. Quelque chose sème ses excréments comme le petit poucet sème ses cailloux. C’est donc officiel : il y a une souris dans le van et l’on comprend enfin la présence de la tapette à souris donnée avec le van. Mais on est bien décidé de la faire petit-dejeuner en enfer ! Ce soir, il ne fera pas bon être une souris dans notre Blue Submarine !

Le Mont Buller, petit mont de 1800 mètres de haut, est une petite station de ski. La saison n’ayant pas encore commencé, elle est vide. Il y a un peu de neige sur les pistes mais sans plus. C’est une station de ski sans conifère. On a vite fait le tour puis on s’en va. Aujourd’hui, on va rouler et il risque de ne rien se passer. Sur le trajet, j’ai tué une mouche. Man versus Wild : 2-1

500 kilomètres plus loin, on arrive enfin près de Canberra. On décide de trouver une aire avant d’y arriver, les villes ne sont pas très aimable avec notre van. On découvrira alors la capitale australienne demain.

Au réveil, le suspense est à son comble : le fromage sur la tapette aura-t-il disparu, ou sera-t-il accompagné d’un rongeur ? Le constat est sans appel : il a disparu. Man versus Wild 2-2. 2012-05-28-15.17.19.jpg

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